dimanche 26 mars 2017 04h25

Tunisie-Tourisme-plan d’action 2016: un goût de déjà-vu et des interrogations…

Publié le mercredi 11 août 2010 lu 2783 fois
Tunisie-Tourisme-plan d’action 2016: un goût de déjà-vu et des interrogations…

Tunisie-Tourisme-plan d’action 2016: un goût de déjà-vu et des interrogations…

Finalement, le verdict est tombé. L’étude  stratégique sur le développement du tourisme tunisien à l’horizon 2016 a livré ses secrets. Annoncée comme étant le point de départ du plan de relance de l’industrie touristique tunisienne, l’étude réalisée par le  bureau d'études international Roland Berger laisse dégager une impression de déjà vu. Elle reprend grosso-modo les mêmes constats et les mêmes recommandations formulées par les études réalisées il y a quelques années par la Banque Mondiale, l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) ou encore par l’agence de notation Fitch Ratings. En résumé, l’étude  stratégique sur le développement du tourisme tunisien à l’horizon 2016 estime que le tourisme tunisien a régressé en termes d’attractivité à l’heure où des pays qui se sont inspirés de l’expérience tunisienne comme le Maroc et l’Egypte ont décollé. Motif : le produit est demeuré essentiellement balnéaire et la dépendance aux tour-opérateurs est très forte.

Pour remonter la pente, la  nouvelle  «feuille de route» de relance de l’industrie touristique tunisienne  propose cinq axes prioritaires: diversification de l’offre et encouragement de l’innovation, renforcement des actions promotionnelles, réorganisation du cadre institutionnel, restructuration des modes de financement et développement d’un tourisme «Web compatible».  Ces axes prioritaires se subdivisent en 20 actions prioritaires qui se déclinent, à leur tour, en 160 mesures.

Contrairement aux précédentes, la nouvelle étude ne va pas rester longtemps dans les tiroirs. D’autant plus qu’elle débouche sur un plan d’action.  Mais la première question qui saute aux yeux se rapporte à la nature de la structure qui sera chargé de l’exécution de ce plan d’action. Quel sera le poids de l’organisme en charge de l’exécution face  à la machine lourde et bredonnante de l’administration?  La réponse d’Habib Ammar, directeur général de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) à cette question lancinante n’a pas été très convaincante selon les professionnels. C’est que le cabinet du ministre du tourisme ne pourrait peut être pas aplanir toutes les difficultés administratives à temps. Une commission de haut niveau et ayant un poids supérieur aux départements ministériels à l’instar de celle constituée pour assurer le suivi des grands projets pourrait être plus efficace.
Le mieux aurait été, selon les experts, de   créer  un guichet unique qui prendra en charge l’octroi des diverses autorisations liées aux projets et aux activités touristiques. Ce n’est que de cette façon que l’on pourrait éviter aux professionnels et aux porteurs de projets innovants d’éviter les fameux « allez voir ailleurs» et de « revenez demain » et bien d’autres courses d’obstacles typiquement tunisiennes.
Le plan d’action ne délimite pas, par ailleurs, les frontières entre les chantiers qui seront confiés au secteur privé et ceux qui seront assurés par les institutions publiques. Il ne précise pas par exemple qui aura pour mission de  créer un évènement de portée internationale de type festival ou compétition sportive en lien avec  les richesses touristiques de la Tunisie. La profession d’organisateurs et de producteurs de spectacles n’a pas encore un cadre juridique bien défini. De même, notre législation de change en matière de règlement des artistes et notre système de taxation décourage les professionnels. Le taux de taxation s’élève à 48,8% du budget de la manifestation ou du coût du spectacle. A cela il faut ajouter 25% des taxes dites « culturelles » et 8% de droits d’auteur et dans les cas des sociétés 18% de TVA et en bout de course 35% d’impôt sur le revenu! Cette quintuple imposition a fini par mettre en péril toute la profession des organisateurs de spectacles et d’évènements culturels.
D’autre part, le plan d’action reste muet sur la fameuse question du bradage des prix pratiqués par les hôteliers tunisiens et qui a beaucoup contribué à perpétuer l’image d’une destination de tourisme de masse et plombées les efforts de montée en gamme. Ce sont là quelques pistes de réflexion afin que les mesures nécessaires à la relance du tourisme tunisien ne restent pas, encore une fois, dans les placards.
W.K

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