By walidK

 
Fortement relayées par des médias occidentaux très attentifs aux nouvelles en provenance du pays berceau du printemps arabe, les violences salafistes ont  provoqué des craintes auprès de quelques pays européens. Ainsi, le département fédéral des Affaires Etrangères suisse évoque carrément des «risques d’attentats terroristes». La diplomatie helvétique avertit ainsi ses ressortissants qui comptent visiter la Tunisie, dans une note publiée sur son site officiel le 22 mai 2012 et qui reste valable à ce jour : «le gouvernement peut décréter un couvre-feu en cas de violences. Dans les centres touristiques, la petite délinquance a augmenté. Il y a un risque d’attentats terroristes sur l’ensemble du territoire. Faites preuve d’une vigilance accrue. Prenez également en considération la rubrique terrorisme et enlèvements».
De son côté, la  diplomatie belge a indiqué que les voyages dans les zones frontalières sont déconseillées. «Les  chemins d’accès sont parfois bloqués aux environs de villes et villages et les forces de l’ordre doivent parfois intervenir. Surtout les personnes qui voyagent vers l’intérieur du pays doivent bien s’informer par exemple par l’intermédiaire de leur tour-opérateur ou par l’intermédiaire des médias et absolument éviter les lieux où se produisent ces incidents. Les rassemblements et manifestations dans les villes et villages – qui, dans certains cas, sont accompagnés de violences – doivent également être évités… Il est déconseillé de voyager pendant la nuit», notent les responsables belges. Autant de mise en garde qui risquent de  porter un coup fatal à la saison touristique, et à un secteur qui constitue l’un des piliers de l’économie tunisienne déjà chancelante.
A noter que certains chercheurs estiment, pourtant, que les salafistes sont manipulés par d’autres forces occultes. Le politologue  français Vincent Geisser affirme que « ces groupes bénéficient d’aides secrètes de la part de certains milieux du Golfe dont le rêve est de casser la petite démocratie tunisienne ».
Le chercheur Alaya Allani, spécialiste des mouvements islamistes au Maghreb, estime, quant à lui, que les dernières violences salafistes  peuvent être le fait d’une «instrumentalisation» de ces groupes par les forces de l’ancien régime «qui les avaient infiltrés».