mercredi 18 janvier 2017 21h10

La mosquée Zitouna, un sanctuaire à la valeur patrimoniale exceptionnelle…

Publié le vendredi 17 juin 2016 lu 820 fois
La mosquée Zitouna, un sanctuaire à la valeur patrimoniale exceptionnelle…

La mosquée Zitouna, un sanctuaire à la valeur patrimoniale exceptionnelle…

Par Mohamed Khaled Hizem

 

Photographie, datée de 1910, montrant une vue générale de la mosquée Zitouna. À gauche de l'image, est visible le splendide minaret, haut de quarante-quatre mètres, qui fut inauguré en 1894. Deux coupoles côtelées couronnent les extrémités médianes des toits de la salle de prière. Les dômes, complètement couverts d'une épaisse couche de chaux, furent totalement débarrassés de leur badigeon lors de leur restauration au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

 

 

 

 

C’est au cœur du noyau historique de Tunis, que s’élève, depuis treize siècles, la mosquée Zitouna, le plus ancien lieu de culte et le monument phare de la Médina, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Tout au long d’une histoire particulièrement riche, l’édifice n’a cessé de connaître d’innombrables ajouts et embellissements. Foyer spirituel d’une importance considérable, il fut également, durant plus d’un millénaire, un centre de savoir arabo-musulman prodiguant un enseignement scholastique qui forgea l’élite intellectuelle et administrative du pays. Malgré son immense prestige, sa valeur patrimoniale demeure largement méconnue aussi bien du visiteur étranger, que du citoyen tunisien lui-même.

 

Une mosquée portant l’empreinte des diverses dynasties qui ont régné sur la Tunisie


L’origine de la mosquée Zitouna fut longtemps débattue par les historiens. Ainsi certains d’entre eux attribuèrent sa fondation tantôt au gouverneur omeyyade Obeyd Allah Ibn Al-Habhab aux alentours de 732, tantôt au général, issu de la tribu des Ghassanides, Hassen Ibn Al-Numan et ce dès 698. Si la dernière hypothèse semble plus plausible, car il est invraisemblable que Tunis ne fut pas dotée d’une mosquée du vendredi au lendemain de l’achèvement de la conquête arabo-musulmane de l’Ifriqiya à la fin du VIIe siècle, la controverse concerna également la nomenclature du sanctuaire.

 

Tandis que certains l’attribuèrent à la construction du lieu de culte musulman sur l’emplacement d’une ancienne église dédiée à Sainte-Olive, d’autres l’expliquèrent simplement par l’existence d’un olivier dans la cour de l’édifice. Si les débuts du monument sont relativement obscurs, cela changea au IXe siècle, avec sa reconstruction intégrale, connue avec précision grâce à une inscription coufique ornant la coupole du mihrab, entre 856 et 864, durant la période des princes de la dynastie des Aghlabides (800-909). Cette dernière, essentiellement réalisée sous le règne d’Abou Ibrahim Ahmed (856-863), donna à la mosquée une grande partie de sa morphologie et de sa superficie actuelles ; c’est de cette époque que datent les proportions et l’ordonnancement de la salle de prière hypostyle, fortement inspirée de celle de la Grande Mosquée de Kairouan qui lui a servi de modèle.

 


Par la suite, pratiquement toutes les dynasties, qui se sont succédées à la tête du pays, ont apporté de nombreux ajouts et embellissements au sanctuaire majeur de la ville. Ainsi, fut élevé, sous les Zirides (972-1148), à la fin du Xe siècle, un beau portique, pourvu d’une façade rythmée de treize arcades de type plein cintre outrepassé, qui précède la salle de prière. Celui-ci fut couronné, en son milieu, par une admirable coupole côtelée à ornements bichromes, appelée « coupole du Bahou ». Agrémentée de motifs en coquille, décorant les tympans des arcs de son tambour cylindrique, elle fut terminée en 990, comme l’indique une inscription située à la base de celle-ci.

 

Si la dynastie princière des Khorassanides (1059-1158) ne manqua pas de laisser son empreinte, notamment à travers la reconstruction et la décoration de plusieurs portes extérieures, la mosquée devint, encore davantage, l’objet des soins du pouvoir local lorsque le centre de gravité politique de l’Ifriqiya se déplaça vers Tunis depuis la seconde moitié du XIIe siècle.

 

L’avènement de la dynastie des Hafsides (1228-1574), qui firent de cette dernière la capitale de leur vaste royaume, fut accompagné de multiples travaux de restauration, à l’instar de la réfection de toutes les portes de la salle de prière, ordonnée par le sultan Abou Yahia Zakariya Al-Lihyani (1311-1317), et de plusieurs ajouts notables parmi lesquels figurent l’adjonction de salles d’ablutions et de trois bibliothèques, dont la plus remarquable est celle élevée, en 1450, par le sultan Abou Umar Othman (1436-1488).

 

Cette bibliothèque se distingue par sa façade percée d’une élégante baie géminée. Après le funeste XVIe siècle, marqué par le sac de Tunis et la profanation de la mosquée Zitouna par les troupes espagnoles de Charles Quint (1516-1556), la conquête ottomane en 1574, puis l’instauration de la dynastie des Mouradites à partir de 1613, fut bénéfique pour le vieux sanctuaire qui connut d’importants travaux de restauration qui réparèrent les dégâts subis pendant l’occupation espagnole ; à ceux-ci s’ajoutèrent des agrandissements et des embellissements, qui visèrent notamment le minaret, ainsi que le portique double, surélevé, situé le long de la façade orientale donnant sur le souk El Fekka.

 

Durant la période husseinite (1705-1957), l’entretien et l’enjolivement, de certaines parties du vénérable lieu de culte, se sont poursuivis, et on peut citer, à titre d’exemple, le remplacement par Mustapha Khaznadar, grand vizir des Beys Mohamed (1855-1859) et Sadok (1859-1882), des vieilles colonnes, pour la plupart abîmées, des portiques septentrional, occidental et oriental de la cour par de nouvelles colonnes en marbre blanc, coiffées de chapiteaux à volutes. Mais l’apport le plus important de l’époque husseinite, fut, sans conteste, l’édification, au cours de la dernière décennie du XIXe siècle, du splendide minaret actuel.

 


Une salle de prière caractérisée par la qualité remarquable de ses ornements...Lire la suite 
 

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