lundi 16 janvier 2017 11h54

Patrimoine tunisien : Tourbet El Bey, l’auguste panthéon de la dynastie des Husseinites…

Publié le jeudi 14 juillet 2016 lu 1264 fois
Patrimoine tunisien : Tourbet El Bey, l’auguste panthéon de la dynastie des Husseinites…

Patrimoine tunisien : Tourbet El Bey, l’auguste panthéon de la dynastie des Husseinites…

Par Mohamed Khaled Hizem

Vue partielle du mausolée du Tourbet El Bey, le monument funéraire le plus vaste et le plus remarquable de la médina de Tunis. Fondé durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, sous le règne d'Ali Bey II (1759-1782), il abrite les sépultures des Beys de la dynastie des Husseinites, de celles des membres de leurs familles et de certains de leurs hauts dignitaires. De nos jours, bien que l'édifice connait des travaux de restauration, qui durent depuis longtemps, ses façades extérieures et ses coupoles présentent diverses altérations. (crédit photo : Noomen Daoud)

 

 

Situé au sud-ouest de la médina de Tunis, enserré dans le dense tissu urbain de celle-ci, le somptueux mausolée de Tourbet El Bey, vénérable nécropole de la dynastie des Beys husseinites (1705-1957), est incontestablement l’exemple le plus grandiose de l’architecture funéraire tunisoise. Fondé durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le monument est l’héritier d’une tradition architecturale qui trouve ses racines au début du XVIIe siècle. Assurément le mausolée le plus vaste et le plus richement décoré de la ville, il abrite la sépulture de la plupart des monarques husseinites, ainsi que celles de leur parentèle et de certains de leurs ministres et plus fidèles serviteurs. Bien qu’il soit l’un des plus précieux édifices funéraires de la Tunisie, il est de nos jours fermé, et ses abords négligés sont indignes de son importance patrimoniale.

 

Un mausolée issu d’une tradition architecturale remontant au début du XVIIe siècle

Avant la conquête ottomane de notre pays, survenue en 1574, les lieux d’inhumation, y compris ceux des souverains de la dynastie des Hafsides (1228-1574), dont le pouvoir s’exerçait sur un vaste territoire, englobant la Tunisie actuelle, l’Est algérien et la Tripolitaine, se caractérisaient par leur simplicité et leur austérité. Ainsi, loin de se distinguer par des monuments funéraires ostentatoires, les sultans de cette lignée se faisaient souvent ensevelir, dans des sépultures sobres, dans les zaouïas les plus prestigieuses de Tunis, à l’instar de celles de Sidi Mehrez, saint patron de la ville, et de Sidi Kacem El Jellizi.

Ce sont les nouveaux maîtres hanafites de la Régence, en particulier les Deys, qui introduisirent en Tunisie, notamment dans la médina de Tunis, un genre architectural, la « Tourba », et ce depuis le début du XVIIe siècle. Cette dernière, désignant un édifice servant de sépulture à caractère familial, renferme un nombre plus ou moins élevé de tombes.

 

Dès les premiers mausolées, une monumentalité et une somptuosité, inconnues jusqu’à lors, firent leur apparition. C’est le cas de l’admirable Tourba de Youssef Dey, intégrée à la mosquée du même nom, dont l’achèvement date de 1612. Ce beau mausolée se signale par ses gracieuses façades, présentant un jeu d’arcatures et de niches, et revêtues, en grande partie, de marbre blanc incrusté de marbre noir. La solennité de l’architecture funéraire est illustrée par d’autres exemples, à l’instar des Tourbas des Deys Ahmed Khodja (1640-1647) et Mohamed Laz (1647-1653).

 

Si la construction des mausolées connut une ferveur particulière avec les Deys de la première moitié du XVIIe siècle, celle-ci se poursuivit aussi bien sous la dynastie des Mouradites, dont le règne s’acheva en 1702, que sous celle des Husseinites. Durant la période mouradite, fut érigée l’une des plus splendides Tourbas tunisoises : le mausolée de Hammouda Pacha (1631-1666), situé dans l’enceinte de sa mosquée terminée en 1655.


Avec l’avènement des Husseinites, à partir de 1705, la réalisation d’édifices funéraires prit une grande ampleur. Ainsi, le fondateur de la dynastie, Hussein Bey Ier (1705-1735), fit construire deux nécropoles. D’abord celle dite « Tourbet El Fellari », située en face de Tourbet El Bey ; ce premier mausolée, élevé de 1710 à 1712, comme l’indiquent les inscriptions commémoratives ornant ses façades agrémentées d’arcatures aveugles outrepassées, abrite les sépultures de ses épouses. Quant au second mausolée, placé sous la protection de Sidi Kassem Sbabti, renfermant les tombeaux d’Hussein Bey Ier et de son fils Mohamed Rachid Bey (1756-1759), il jouxte la mosquée des Teinturiers, édifiée de 1723 à 1727.

Son successeur et neveu Ali Pacha (1735-1756), qui ordonna la décapitation de son oncle en 1740, fit élever, en 1752, une magnifique Tourba en guise de dernière demeure, destinée à recevoir sa dépouille et celles de ses enfants. L’élégance architecturale du monument est soulignée par l’usage de colonnes graciles et le recours à une décoration de plâtre sculpté, d’une rare finesse d’exécution.

C’est Ali Bey II (1759-1782), fils d’Hussein Ier Bey, qui fonda la remarquable nécropole de Tourbet El Bey en 1777. Ce dernier la dota de « Habous » (biens de mainmorte) considérables pour assurer son entretien et la rétribution des récitations coraniques quotidiennes. Le prestigieux panthéon beylical, agrandi à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, accueille les sépultures de tous les monarques husseinites depuis Ali Bey II, hormis celles des deux derniers souverains : Moncef Bey (1942-1943), inhumé dans son propre mausolée au cimetière du Djellaz à Tunis, et Lamine Bey (1943-1957) qui repose au cimetière de Sidi Abdelaziz à La Marsa.

 

Lire la suite : La salle des souverains, une miniature de la salle de prière d’une mosquée ottomane

 

Tourbet El Bey : Des salles abritant des sépultures princières et celles de hauts dignitaires du régime beylical


 

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