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TAREK NEFZI, l’oiseau rare du birdwatching

Publié le samedi 08 janvier 2011 lu 6967 fois
TAREK NEFZI, l’oiseau rare du birdwatching

TAREK NEFZI, l’oiseau rare du birdwatching

Interview avec Tarek Nefzi, directeur de l’agence Bécasse
« Le birdwatching peut prendre son envol en Tunisie »


TourisMag : Comment se dessine le marché du   birdwatching dans le monde et en Tunisie ?

Tarek Nefzi : C’est une activité très développée dans le monde occidental, surtout en Europe, en Europe du Nord et en Amérique du nord. A titre d’exemple, l’association qui regroupe les birdwatchers ou les gens qui s’adonnent à l’activité de l’observation des oiseaux en Angleterre compte un million de membres .Aux États Unis  on en compte 8 millions regroupés également dans des structures associatives. Il Faut dire que cette activité ne date pas d’aujourd’hui .les premiers observateurs d’oiseaux  ont visité la Tunisie depuis le début du siècle derniers. Il y a de nombreux bouquins qui datent de cette époque sur les premières expériences de  birdwatching  dans notre pays. La station de Rades était une station de baguage .Elle a battu le record mondial en la matière .Ceci dit, les précurseurs étaient surtout des scientifiques .On peut dire que ce créneau a commencé à se professionnaliser à partir de 1997 date à la quelle l’ONTT a commencé à délivrer des cartes professionnelle pour le guidage nature .L’agence Bécasse est la première agence, créée en 1996 ,qui s’est spécialisée dans le birdwatching .

TourisMag : D’un point de vue ornithologique quel est l’intérêt de la Tunisie ?
Tarek Nefzi :La Tunisie est intéressante pour cette cible parce que notre pays constitue  un passage obligé pour les oiseaux migrateurs. Elle se trouve sur l’une des trois voies de migrations des oiseaux du paléarctique Nord, c'est-à-dire de l’Europe. Autre intérêt de la Tunisie c’est la diversité du milieu naturel .Au Nord nous avons les forêts et au sud le désert .Cette diversité de l’écosystème fait de la Tunisie un havre de paix   pour un nombre important  d’oiseaux. Du coup, les férus  d’observation des oiseaux ont plus de chance de voir un plus grand nombre d’espèces. Dernier intérêt de la Tunisie c’est qu’elle représente la jonction entre l’Afrique et l’Europe ce qui fait qu’on a une diversité de catégorie d’oiseaux .Il ya ceux qui viennent hiverner, ceux qui sont sédentaires, ceux qui sont de passage et  ceux qui viennent nicher .Au total la Tunisie peut se prévaloir d’accueillir sur son sol 380 espèces de oiseaux.

TourisMag : Qu’est ce qui fait du birdwatching un produit touristique qui jouit d’un grand potentiel ?
Tarek Nefzi : En fait, cette communauté est animé par l’esprit « cocheur » .C’est à dire une sorte d’émulation basée sur l’observation du plus grand nombre d’espèce d’oiseaux. Dans le cadre de cette émulation pour voir le plus grand nombre d’oiseaux, il ya des espèces que ces touristes ne peuvent pas voir dans leur pays d’origine. Certaines espèces sont visibles en Europe mais difficilement .Prenons le cas du Flamand rose qui est difficile à observer en Europe et qui se trouve à Séjoumi par milliers d’individus.

TourisMag : Les agences spécialisées dans le birdwatching se comptent toujours sur les doigts de la main et le nombre de birdwatchers qui visite la Tunisie reste embryonnaire ?

Tarek Nefzi : Le birdwatching est un produits touristique très spécifique .Il ya un coté technique qu’il faut maitriser .Quand on fait venir des touristes par exemple l’agence s’engage sur un nombre bien déterminé d, oiseaux qu’ils peuvent observer .Cela requiert une grande connaissance du milieu avifaune .Or les guides spécialisés font défaut .Et le maillon formation fait encore plus  défaut. Il y a aussi une question d’image .En promouvant la Tunisie on ne dit jamais que notre pays est une destination nature. On n’a jamais dit que le plus grand aigle d’Afrique existe en Tunisie. Le Maroc nous devance de loin sur ce créneau  et c’est dommage. Il y a aussi un problème de structure d’accueil des touristes à proximité des centres d’observations. Il y a aussi un problème au niveau des véhécules disponibles à la location. Le birdwatching nécessite des véhicules spécialement adaptées à l’observation qui ne sont pas hélas homologués en Tunisie .Aussi faut-il signaler que, contrairement aux autres opérateurs de tourisme, pour réussir un circuit  de birdwatching nous devons au préalable réunir des autorisations auprès de trois tutelles à savoir les ministères de l’agriculture, de l’environnement et du tourisme. 


TourisMag : Le birdwatching est considéré comme un tourisme de haut vol. Combien sont facturés les sorties en moyenne ?

Tarek Nefzi : Sur le plan financier je peux vous dire que cette niche, si elle est bien développée peut rapporter plus que le tourisme de masse .Mais en Tunisie nous pensons toujours quantité et pas qualité .Un circuit de birdwatching peut atteindre 1500 euros  hors billet d’avion . Aucune comparaison avec un séjour balnéaire à Djerba négocié à 300 euros tous compris. Le marché existe, le potentiel existe  mais comment développer cette niche en Tunisie quand on n’a pas le droit de poser une tente à l’intérieur d’une réserve sans avoir d’autorisation. Mes clients qui viennent  ici pour des circuits de birdwatching sont parfois sidérés par les difficultés que nous rencontrons avec les autorités de tutelles et tous les problèmes que nous avons à résoudre à tous les échelons de l’administration nationale ,régionale et locale pour accéder aux sites d’observation. Le birdwatching peut prendre son envol  en Tunisie si l’administration y met la volonté nécessaire.


Propos recueillis par Fethi Djebali
 

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