vendredi 18 mai 2012 07h38

Tourisme : nos amis les Tour Operators. Par Lotfi Mansour

Publié le vendredi 04 février 2011 lu 3059 fois
Tourisme : nos amis les Tour Operators. Par Lotfi Mansour

Tourisme : nos amis les Tour Operators. Par Lotfi Mansour

Pire que les agences de notation, il y a les tour operators. En effet, pour saluer notre révolution, certains parmi les plus grands d’Europe se montrent d’un cynisme et d’une cupidité sans limite en demandant aujourd’hui des remises de 50% sur l’hiver et de 30% sur l’été, sans prendre aucun engagement sur les volumes à réaliser, ni aucun risque, y compris sur le transport aérien.
A ce prix, ce n’est plus du commerce ; c’est la grande braderie.


En effet, à quoi rime que les TO demandent aujourd’hui des remises de 50% sur des prix déjà « grattés jusqu’à l’os » ? Le seul risque actuellement, pour leurs clients, serait d’être trop choyés par des hôteliers, un personnel et une population qui ont fait la preuve de leur civisme et de leur attachement à leurs clients et hôtes. Aucun incident n’a touché, de près ou de loin, les touristes ni les hôtels.
S’il est vrai que ces TO ont subi des pertes dues aux rapatriements, il est vrai aussi que les hôteliers sont les premiers touchés. Après des décennies de discours sur le partenariat, après des milliards dépensés par nous en publicité conjointe, les TO nous montrent une piètre conception de leur rôle.
Il est temps de faire front pour sauver la saison et de tirer les leçons de ce comportement pour le long terme.

Dans l’immédiat :
• Soutenir les hôteliers et la destination. Il serait judicieux de créer un fonds de soutien aux hôtels en difficulté pour leur permettre de tenir durant les quelques semaines difficiles qui les attendent, afin qu’ils ne cèdent pas trop vite aux pressions des TO. Les 20 millions de dinars qui auraient été récupérés sur la commission d’un intermédiaire pourraient servir au démarrage de ce fonds. Il ne s’agit pas forcément de dons aux hôteliers, il peut s’agir de prêts sans intérêt.
• Opter pour un nouveau plan de communication de crise pour le reste de l’année en réajustant tous nos choix budgétaires en faveur du soutien à la destination et aux professionnels tunisiens. Ces arbitrages doivent donc éliminer  « les programmes de publicité conjointe » qui n’ont plus de raison d’être.

A plus long terme :
• Création par les professionnels d’un fonds de soutien. Il est peut-être temps que les hôteliers et agents de voyages pensent à un fonds de garantie et de soutien (de type mutualiste par exemple) pour parer aux défaillances de leurs pairs. Il y va de la crédibilité de tous les professionnels. En effet, qu’il s’agisse d’une défaillance individuelle ou d’une crise qui touche un grand nombre, la profession s’est jusque-là trouvée démunie et en attente d’une solution qui viendrait de l’Etat. 
•Revoir nos choix budgétaires.

Notre belle révolution ne semble pas encore imprégner tous les acteurs et commentateurs du Tourisme. Comme la classe politique, la «  classe touristique » semble encore tentée par ses vieux réflexes. Et au premier plan de ceux-ci, celui de céder à toutes les demandes des TO : réductions sauvages de prix, publicité conjointe…  on a l’impression  que le cauchemar du tourisme tunisien continue. Même s’il est humain que le premier réflexe des TO soit « d’en profiter », et celui des hôteliers « de s’en sortir », ces comportements n’en demeurent pas moins blâmables parce qu’ils ont déjà bien plombé les bilans de nos entreprises par le passé, et risquent d’anéantir leur avenir.


Ce que nous offre notre révolution, c’est une chance inouïe de partir du bon pied et de faire ce que l’Espagne a fait il y a plus de dix ans en débloquant 24 milliards d’euros pour améliorer la compétitivité de ses entreprises de tourisme et de ses régions. Autrement dit, l’Espagne a dû, pour garder son rang et sauver son Tourisme, subventionner les entreprises et les régions espagnoles et non pas les TO ni les clients.
Dire qu’il ne faut plus subventionner les TO et concentrer ses moyens sur son propre marketing est une évidence : l’image ne se délègue pas. Cette vérité, nous n’avons jamais voulu l’admettre, même quand elle est assénée par un grand tour operator. C’est ainsi qu’en septembre 2000, David Crossland, PDG du groupe Airtours (qui était alors le plus grand TO européens), déclarait lors de sa première visite en Tunisie : « Sur le marché anglais, la Tunisie réelle mérite de tripler ses chiffres actuels. Si elle ne le fait pas, c’est parce qu’elle n’est pas suffisamment bien vendue ; mon opinion est qu’il faut que vous cessiez de répondre aux demandes de soutien des TO pour concentrer vos moyens sur votre propre marketing et votre propre communication ».
A méditer.

Réactions

viviane agent de voyage

Je pense qu'il faut arrêter les All inclusive et proposé une demi pension ou pension complète ce qui permet aux personnel d'avoir encore une possibilité de pourboire d'arreter de brader les prix!! Proposer un meilleur service !!!! prkoi la tunisie serait brader et pas les autres destinations!!! ne céder pas au TO !!! Solidarité c ce qui manque!!!
samedi 05 février 2011

Lamine Morsi

Bonjour Mr Lotfi. J?ai voulu tout simplement ajouter a votre que nos opinions ,nos décisions ainsi que nos plans pour le futur doivent être plus indépendants en relation avec le tour-opérateur.C? est notre tourisme National qui a besoin d un nouveaux esprit et d un grand changement au milieux de service,de qualités et de diversités pas le tour-opérateur....On doit avoir une telle qualité et un tel service et professionnalisme qui peuvent garder pour nous une garantie pour nous même dans le marches...le tour opérateur comme partenaire a un choix énorme dans le monde ,il décide par une simple logique : qualité-prix.
vendredi 04 février 2011

Anis Ben Cheikh

Bravo Lotfi, tu penses que nos chers hôteliers vont comprendre un jour qu'il faut arrêter de se prostituer devant les TO et de pousser (par tous les moyens) la tutelle à se prostituer aussi, et tout cela pour servir la cause d'une poignée de pseudo professionnels tunisiens qui n'ont cessé, pendant ces dernières années (30!!!) de tirer vers leur partenaires et par conséquent vers leur poches. Il faut arrêter tout cela, stop....
vendredi 04 février 2011

Lotfi Mansour

La TUI répond : Ana Fhemtkoum Suite à la réaction indignée d’un certain nombre d’hôteliers tunisiens, le contracting manager de JetAir (donc de TUI) répond à la manière de « l’autre ». Sa réponse est un chef d’œuvre de perversion : il laisse le soin aux hôteliers de mettre la remise qu’ils veulent (voir texte complet ci-dessous) comme ça chacun va essayer d’espionner l’autre et d’offrir une remise plus importante que son voisin : non seulement cupide , mais pervers le petit Erik… Texte intégral de JetAir Bonjour mes amis, En réponse de quelques réactions par emails que j’ai reçu et le site facebook entre vous après ma demande, je voudrais ajouter que vous comprenez que nos tour-opérateurs s’inquiétes énormément de la situation de ventes en Tunisie. Nos intentions sont très sincères et veulent seulement que la Tunisie retrouve le succès d’avant au plus vite. Malheureusement, nous voyons pas beaucoup d’autres alternatives pour relancer la Tunisie sur les rails que donner des réductions ensemble avec des campagnes de marketing aux clients comme : ‘La Tunisie vous souhaite la bienvenue’. Personnellement, je vous garantie que je porte un grand cœur pour la Tunisie, un pays que je défends depuis 10 ans maintenant d’une manière que vous ne pouvez pas vous imaginer. Pour ceux qui préfèrent de ne pas participer à notre action 1+1, je gardes toujours le plus grand respecte, mais je vous demandes quand-même de voir ce que vous pouvez nous proposer vous-mêmes dans ce cas. Une réduction de n’importe quel autre pourcentage sera utilisé aussi ! Dans l’annexe que je vous ai envoyé les pourcentages n’étaient pas inscrit. A vous de remplir les actions que vous désiriez faire, quand vous réouvriez votre hôtel. J’espère que vous recevrez ce message d’une manière positive, je reste toujours à votre disposition, aujourd’hui et dans le futur pour vous aider de récupérer les clients. Mes sincères salutations, Erik Verschelden Contracting Manager Western Europe
vendredi 04 février 2011
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