mercredi 18 janvier 2017 21h03

Coup de gueule ! par Hakim TOUNSI

Publié le mardi 14 juin 2011 lu 7500 fois
Coup de gueule ! par Hakim TOUNSI

Coup de gueule ! par Hakim TOUNSI

Coup de gueule ! par Hakim TOUNSI
PDG – Authentique Tunisie – Tour Opérateur Français


La rentabilité de tout le secteur du tourisme en Tunisie, l’endettement et la situation financière précaire de certains hôtels, autant de dossiers qui donnent, depuis des années et encore plus en cette période transitoire et de crise, du fil à retordre à la profession aux banquiers et au pays tout entier.

Cependant, force est toujours de constater que depuis le départ de l’aventure de l’investissement dans le secteur touristique, la Tunisie se contente de la commercialisation de ses produits touristiques par les seuls tour-opérateurs étrangers.

Les hôteliers tunisiens ayant réussi, car il n’ya pas eu que des échecs dans le secteur et c’est tant mieux, les hommes d’affaires des autres secteurs de l’économie du pays, les groupes financiers nationaux, les banques tunisiennes sont tous absents de l’investissement dans le tour opérating dans les marchés émetteurs de la clientèle touristique vers la Tunisie.    

Les Banques de Développement tunisiennes à qui on avait confié, au départ de l’aventure le financement du développement du tourisme tunisien n’ont pas survécu au financement de la première phase de l’édifice à savoir : le parc hôtelier du pays. Ces banques ont été rattrapées par le temps (mondialisation et désengagement du public du monde des affaires) et par l’ampleur des impayés de certains hôteliers et ont été absorbées, au grand bonheur de leurs créanciers étrangers, par les banques commerciales privées.

Aujourd’hui, c’est au secteur bancaire privé, aux banques commerciales de parachever le travail entamé par les banques publiques de développement. La Tunisie ne peut pas rester absente du véritable champ de bataille où se jouent les enjeux de la commercialisation de ses produits touristiques : les marchés émetteurs, sans courir le risque d’en supporter les mauvaises conséquences.

Le capital tunisien qu’il soit humain ou financier, le système bancaire tunisien ne peuvent pas rester en spectateurs subissant les seules performances des opérateurs étrangers bonnes ou mauvaises, constatant d’année en année le degré de réussite ou d’échec des saisons touristiques et en comptabilisant amèrement les impayés et les difficultés du secteur.

La réussite des campagnes promotionnelles et des saisons touristiques dépend de la détermination des tour-opérateurs à mettre en avant la destination ainsi que des moyens financiers que ces derniers mettent ou ne mettent pas pour vendre la destination Tunisie dans chaque marché émetteur. Il incombe aux tunisiens de jouer eux-mêmes un rôle actif dans les principaux marchés émetteurs en prenant part aux investissements nécessaires pour le soutien et la réussite des campagnes de commercialisation du produit touristique vers leur pays.

La mondialisation ne reconnait plus les frontières et le système bancaire tunisien ne gagnera pas à attendre la venue de fonds d’investissements étrangers pour le soulager en lui reprenant les unités hôtelières à problèmes ou d’autres solutions miracle ! Constituer des filiales aux banques pour y loger les hôtels en difficultés c’est bien mais créer des Fonds d’Investissements pour la Promotion du Tourisme Tunisien et sensibiliser les hommes d’affaires et les banques tunisiennes pour investir dans le marketing, la commercialisation et le tour opérating non seulement c’est encore mieux mais c’est inévitable et incontournable pour reprendre en main la destinée du secteur et de l’économie du pays.

Comme on dit dans le sport : la meilleure défense c’est l’attaque. Pour avoir moins d’impayés chez les hôteliers, les banques à forts engagements dans le tourisme tunisien se doivent d’investir dans la commercialisation de ce même produit à l’étranger pour minimiser leurs risques locaux en garantissant par la même occasion au pays des performances touristiques stables et maitrisées par un lobby tunisien et un système d’intérêts tunisiens.

L’Etat tunisien à travers le Ministère du Tourisme pourrait être l’instigateur et le moteur d’une telle initiative qui verrait la création par les banques tunisiennes d’un ou de plusieurs Fonds d’Investissements pour la Promotion du Tourisme Tunisien à l’Etranger avec qui il signerait des mémorandums d’ententes volontaires pour des enveloppes à dédier au cours des prochaines années à l’investissement pour la création et le soutien de tour-opérateurs, de sociétés commerciales et marketing opérant en Tunisie ou à l’étranger mais œuvrant pour la promotion du tourisme Tunisien.
Ce serait la meilleure transition pour le transfert de beaucoup de prérogatives et de dossiers du ministère du tourisme, de l’ONTT, vers le privé dans la continuité la cohérence et la performance.

Augmenter les taxes hôtelières et de séjours pour financer l’élan de promotion du tourisme c’est bien mais c’est premièrement, encore une fois, compter sur le public pour faire ce que le privé doit faire par lui-même et deuxièmement c’est mettre plus de moyens à la disposition des tour opérateurs étrangers en espérant qu’ils mettent en place le trafic aérien nécessaire pour le transport des passagers, l’aboutissement des campagnes et leur rentabilisation !

Produire de la valeur ajoutée et de l’emploi en nous creusant les méninges pour défendre notre avenir en étant créatifs en comptant moins sur les étrangers pour nous ramener notre clientèle jusqu’à notre domicile.

Les Tour Opérateurs tunisiens à l’Etranger, tout pays confondus, ne font pas légion et manquent de moyens dans un secteur très capitalistique. Ils ont souvent été des étudiants tunisiens parlant la langue du pays et lancés accidentellement dans le Tour opérating ou de simples particuliers sans soutien et sans gros moyens financiers. Qui leur a tendu un jour la main pour les encourager et les aider à se structurer et à se capitaliser ?

Ceci contrairement à certains T.O originaires de pays concurrents, qui font la pluie et le beau temps chez nous, mais qui ont démarré avec un plan de vols comptant des dizaines de vols hebdomadaires à destination de la Tunisie au départ du marché français pour arriver aujourd’hui à des vols quotidiens ! Il est évident que quand on est capable de démarrer à ce niveau des affaires en ayant un tour de table financier à la hauteur des ambitions et capable de fournir les garanties bancaires nécessaires pour obtenir les meilleures conditions, la suite et la réussite qui s’en suivent ne font plus beaucoup de mystère.    

Mais la réussite de ces compagnies étrangères va-t-elle de paire avec les intérêts et la réussite du tourisme tunisien ? Là c’est beaucoup moins sur !
Nous assistons, par exemple, aujourd’hui à un bradage pour le moins non convenu de la destination Tunisie par ces compagnies devenues si puissantes qu’elles trainent avec elles dans ce jeu macabre plusieurs hôteliers et groupes hôteliers tunisiens qui leur font la courte échelle, ayant eux-mêmes conservé leurs hôtels fermés !

A quoi et à qui cela sert-il d’engager autant de frais publicitaires sur le marché français (6 millions d’Euros ou près de 12 millions de dinars en ce moment) pour voir vendre la semaine en demi-pension en Tunisie à 199€, transport aérien compris ?  Un hôtel 5* d’une grande chaine hôtelière de Hammamet est quand à lui proposé par ce même opérateur  pendant tout le mois de juin avec des départs quotidiens à moins de 250€ !

    
L’avenir du tourisme passe par un commercial puissant, un marketing rayonnant et performant, tous les deux nécessitant des moyens technologiques (logiciels et matériels) et humains très couteux.

Les banques de développement après avoir impulsé les premiers élans de départ ont laissé la place au secteur privé dans le financement du secteur du tourisme tunisien. C’est à ce secteur financier privé de jouer aujourd’hui son rôle pour protéger ses encours et défendre les intérêts du tourisme et du pays.

Il appartient aux tunisiens, banquiers et hommes d’affaires de prendre leurs responsabilités sans détours pour assumer leur destinée et tracer eux-mêmes l’avenir de leur pays.
Il est inadmissible de voir un pays investir en moyenne entre 20 et 40 millions de dinars par hôtel et en construire vers les huit cent unités et n’investir même pas 10 millions de dinars dans un tour opérateur capable de commercialiser cette capacité hôtelière.

Cet appel est un coup de gueule et un défi adressé à toutes les personnes concernées, banquiers et hommes d’affaires, hôteliers, pour qu’ils nous fassent part de leurs positions et de leurs réponses. La critique est facile quand on est dans son salon au fond de son fauteuil. Le terrain c’est autre chose !  

A bon entendeur salut !
 

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